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« Je me résigne à la volonté de Dieu, quoique ce soit bien dur de perdre une aussi mignonne petite fille… »

22 février 2021

22 février 1870 : la petite Hélène, âgée de cinq ans et quatre mois, part au Ciel après une courte maladie.

Dans sa Correspondance, en 1865, Zélie la présentait ainsi : « Hélène est une enfant ravissante (…). Elle vient bien et elle est fraîche comme une rose du matin. »
Dans une lettre du 24 février, elle raconte :
« {Après la dernière visite du médecin} je la regardais tristement, ses yeux étaient ternes, il n’y avait plus de vie et je me suis mise à pleurer. Alors, elle m’entoura de ses deux petits bras et me consola de son mieux; toute la journée, elle ne faisait que dire: « Ma pauvre petite mère qui a pleuré ! »
J’ai passé la nuit près d’elle, nuit très mauvaise. Le matin, on lui a demandé si elle voulait prendre son bouillon; elle a dit oui, mais ne pouvait pas l’avaler.
Cependant, elle fit un effort suprême, en me disant: « Si je le mange, vas‑tu mieux me l’aimer ? » Alors, elle a tout pris, mais après elle souffrit terriblement et ne savait que devenir.
Elle regardait une bouteille de potion que le docteur lui avait ordonnée et voulait la boire, disant que quand tout allait être bu, elle serait guérie. Puis, vers dix heures moins un quart, elle me dit: « Oui, tout à l’heure, je vais être guérie, oui, tout de suite… »
Au même moment, tandis que je la soutenais, sa petite tête est tombée sur mon épaule, ses yeux se sont fermés, puis cinq minutes après elle n’existait plus…
Cela m’a fait une impression que je n’oublierai jamais ; je ne m’attendais pas à ce brusque dénouement, ni mon mari non plus.
Quand il est rentré, et qu’il a vu sa pauvre petite fille morte, il s’est mis à sangloter en s’écriant: « Ma petite Hélène! ma petite Hélène ! » Puis nous l’avons offerte ensemble au bon Dieu.
Avant l’enterrement, j’ai passé la nuit près de cette pauvre chérie, elle était encore plus belle morte que vivante. C’est moi qui l’ai habillée et mise dans le cercueil ; j’ai cru que j’allais en mourir, mais je ne voulais pas que les autres la touchent.
L’église était pleine de monde à son inhumation. Sa tombe est à côté de celle de son bon-papa.
Je suis bien triste, écrivez-moi si vous le pouvez, pour me consoler. »

Pauline, dans ses Souvenirs intimes, rédigés à l’intention de ses soeurs en 1932, évoque cette perte déchirante :
« À la mort de notre petite sœur Hélène qui arriva le 22 février 1870, ma tante nous l’annonça avec beaucoup de douceur et d’affection. Marie jeta un cri de douleur. Moi j’éprouvais un tel saisissement que je ne pus verser une seule larme.
Ma tante me dit plus tard que je l’avais surprise, que j’avais moins de coeur que Marie. J’en eu beaucoup de peine. La mort de ma petite Hélène avait creusé au contraire comme un abîme dans mon cœur.
Je fus longtemps à m’en remettre, je ne pouvais plus jouer, je regardais souvent le ciel où ma petite sœur vivait avec les Anges… »

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